Rouge, Carl Aderhold

Après la mort de son père, Carl doit vider la maison. Brusquement, l’homme qu’il est devenu est assailli par son passé. Les souvenirs remontent peu à peu. C’est dans la maison de son défunt père que Carl est submergé par son passé, par l’obsession communiste de son géniteur. Carl qui n’a qu’un désir : tout détruire, tout effacer, tout oublier, tourner la page. Pourtant, détruire ce qui se trouve dans la maison ne suffit pas à exorciser les démons de son enfance : Carl est obligé de les affronter. Il se souvient alors de son enfance, de sa famille, de leur Histoire et de leur malédiction. Il plonge dans son passé et nous mène jusqu’en 1864, pour nous expliquer les origines de son nom et de la malédiction qui pèse sur sa famille depuis plusieurs générations.

Rouge dépeint l’obsession communiste d’un père, Pierre Decazes de son nom d’acteur. Un père qui préfère retenir les dates clés des victoires communistes plutôt que les dates de naissance de ses enfants et petits-enfants. Un homme qui souhaite, à tout prix, inculquer une idéologie à ses enfants, faisant fi de leur désir et de ce qu’ils sont, n’hésitant pas à les façonner à son image. L’idéologie du père, les réprimandes à la moindre déviation, ont façonnées la vie de Carl, qui avait l’impression de ne jamais être assez communiste. Carl a alors grandi avec l’idée qu’il ne serait jamais un bon fils, sans cesse condamné à décevoir un père qui ne supporta pas la chute du mur de Berlin et qui interdit le coca.

Rouge, est l’histoire d’un communisme total, imposé. C’est un témoignage poignant dans lequel il est question d’amour filial à une époque bouleversée, mais aussi de l’héritage transmis par les parents. Le père de Carl, communiste engagé, voulait que son fils soit le mémorialiste de la famille. Finalement, c‘est ce qu’il deviendra, même s’il ne couchera pas l’Histoire de la famille de la manière dont son géniteur l’aurait souhaité.

Carl Aderhold nous offre donc un roman intimiste aux allures d’autobiographie. Il revient sur sa jeunesse, sur les traumatismes qu’aura engendrés son père. Il en ressort beaucoup de tendresse, malgré la violence et la colère. Un très beau texte, écrit avec justesse !

Merci aux Editions Les Escales qui m’ont permis de découvrir ce roman !

Ornements

9782365691932En vidant la maison de son père qui vient de mourir, Carl retrouve un cahier d’enfant. Sur la première page, un titre écrit de sa main : « Histoire de ma famille », et en dessous : « De Cologne à Paris, quatre générations d’Aderhold ». Lentement, les souvenirs remontent : ceux de son enfance, de sa famille, de leur malédiction.
Quel germe de fatalité instilla Peter, l’ancêtre fondateur, qui déserta l’armée allemande avant la Première Guerre mondiale pour devenir français ? Georges, le grand-père un peu terne, n’était-il pas condamné à l’échec, lui qui rêva un soir d’ivresse d’arrêter seul une colonne SS ? Et que dire du père, Pierre Decazes, comédien, communiste flamboyant, qui fit de sa vie et de celle de ses proches un théâtre engagé ?
Bercé par les paradoxes de l’idéologie et le besoin de fiction qui la sous-tendait, Carl Aderhold nous raconte une jeunesse française, mais aussi la naissance d’un écrivain pour lequel la remémoration des défaites est à la fois consolation et chant d’amour.
Après la mort de son père, alors qu’il doit vider la maison, Carl est assailli par son passé : de vieux numéros de L’Humanité, des portraits de Marx et Lénine et, surtout, un cahier d’enfant. Sur la première page, un titre écrit de sa main : « Histoire de ma famille », et en dessous : « De Cologne à Paris, quatre générations d’Aderhold ». Ce sont les traces de sa jeunesse, une jeunesse rouge, à la fois exaltante et honteuse.
Des brumes de la mémoire surgit alors un monde dans lequel la politique contrôlait tout : les lectures, les jeux, les sentiments, les rêves. La débâcle sera terrible. Mais la remémoration des défaites n’est-elle pas, pour l’écrivain, à la fois consolation et chant d’amour ?

Dans une langue éblouissante, Rouge explore la filiation impossible, les trahisons, les colères d’une génération, et retrace la folle histoire d’une famille française à travers le XXe siècle.

Editions : Les Escales ♦ Collection : Domaine français ♦ Date de parution : 10 mars 2016 ♦ Nombre de pages : 320 p. ♦ Prix : 19,90€

Ornement 1

9f65b5c4a931343532353335323332363135323633Historien de formation, Carl Aderhold a été éditeur et se consacre aujourd’hui à l’écriture. Il est l’auteur de plusieurs romans très remarqués, Mort aux cons (Hachette Littératures), Les poissons ne connaissent pas l’adultère, Fermeture éclair (tous deux parus chez JC Lattès). Il a également publiéAvant/Après, en collaboration avec Vincent Brocvielle. (Source)

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8 commentaires sur « Rouge, Carl Aderhold »

    1. J’avoue : avant « Rouge », je ne connaissais pas cet auteur. Je ne peux pas comparer les deux livres, mais effectivement, « Rouge » est sérieux malgré une petite touche d’humour.

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