Monsieur désire ?, Hubert (scénariste) et Virginie Augustin (dessinatrice)

monsieur-d-3Dans le Londres de l’époque victorienne, M. Edward a tout : il est jeune, beau, riche et intelligent. Très bon parti, il préfère pourtant mener une vie faite de débauches afin de vaincre l’ennui de son existence. Il a pour habitude de raconter ses frasques les plus infâmes et de choquer son entourage. Et puis, son chemin va croiser celui de Lisbeth, sa nouvelle domestique. Elle n’est pas très belle mais a un regard singulier et reste imperturbable face aux aveux de Monieur. Elle devient alors celle à qui il se confie. Peu à peu, Lisbeth va devenir sa confidente, malgré leurs disparités sociales et au risque de provoquer des jalousies chez les autres domestiques. Lire la suite de « Monsieur désire ?, Hubert (scénariste) et Virginie Augustin (dessinatrice) »

Hasard ou Destinée, Becky Cloonan

Planche H ou DHasard ou Destinée, trois récits (Loups, Le Marais et Déméter) écrits et dessinés par Becky Cloonan. Trois histoires qui n’ont, a priori, aucun lien entre elles si ce n’est leur autrice, la beauté des dessins et leur univers médiéval sombre. Comment ne pas tomber sous le charme de ces planches où s’enchevêtrent, et ne font qu’un, romantisme et fantastique ? Lire la suite de « Hasard ou Destinée, Becky Cloonan »

Dedans ce sont des loups, Stéphane Jolibert

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Le froid. La neige. Un paysage enneigé huit mois sur douze. Un lieu où il faut attendre que la neige fonde pour pouvoir enterrer les cadavres convenablement. Et des cadavres, il y en a. Un lieu, sans doute, au-delà de la frontière septentrionale, où la nature est tellement hostile que seuls les natifs y vivent. Eux, des criminels en cavale et douze prostituées. Pas une de plus, pas une de moins. Le centre de leur vie ? Le Terminus. Un hôtel, un bar, un bordel qui appartient à un mystérieux propriétaire, tout comme les quelques commerces existants. Nul ne connaît l’identité de ce propriétaire anonyme et redouté. Pourtant, ils lui doivent tous leur survie et le droit de libérer leurs pulsions. Mais au Terminus, on ne touche pas aux filles. Jamais, car ici, les différends se règlent tantôt à coups de poings, tantôt à coups de pétard. Lire la suite de « Dedans ce sont des loups, Stéphane Jolibert »

Chaque soir à 11 heures, Malika Ferdjoukh

51nHBrBhE5L._SX318_BO1,204,203,200_Willa est une adolescente qui fait partie des filles que les garçons ne voient pas (ou presque). Elle est habituée à frayer avec la jeunesse riche et assez superficielle des beaux quartiers de la capitale, et notamment avec Fran. Un jour, les yeux de Iago, le frère de Fran, se posent sur Willa et les deux adolescents commencent à se fréquenter. Mais, lors d’une fête, cette dernière rencontre Edern, un jeune homme bizarre au passé tourmenté, qui lui propose d’accompagner sa jeune soeur au saxophone. Willa accepte et découvre une grande maison, dissimulée dans une impasse, qui semble cacher bien des secrets…

Je dois vous avouer que j’avais quelques appréhensions quant à ce roman. J’ai d’abord lu l’adaptation en BD, adaptation que j’ai adorée et qui m’a donné envie de découvrir le livre. Cependant, quand j’ai découvert la couverture de l’oeuvre originale, j’ai réfléchi. Longuement réfléchit même. Une couverture rose et étiquetée « Amour » ? Très peu pour moi. Finalement, j’ai tout de même craqué et j’ai bien fait, puisque comme dans la BD, il s’agit d’une sorte de thriller romanesque. Lire la suite de « Chaque soir à 11 heures, Malika Ferdjoukh »

Le petit théâtre de Rebecca, Rebecca Dautremer


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Parmi les albums jeunesse, nous pouvons trouver des perles, des ouvrages qui ravissent le petits autant que les grands. Même si ce livre est d’une extrême fragilité, une choses est certaine : cette ouvrage est une merveille, une oeuvre d’art ! Lire la suite de « Le petit théâtre de Rebecca, Rebecca Dautremer »

« Une année, mon bel imagier », illustré par Sophie Adde

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Cet imagier de la nature aux illustrations colorées et réalistes permet au petit enfant d’identifier les fruits, les légumes, les fleurs et les animaux, saison après saison.

Editions : Le Buveur d’encre ♦ Date de parution : 5 mars 2015 ♦ Prix : 15,00€

Ce livre n’est qu’un imagier, mais les illustrations sont tellement belles ! Les peintures de Sophie Adde sont pleines de vie, tellement délicates et sont une vraie ode à la nature. Avec ses coups de pinceaux très réalistes, elle nous emmène dans une douce balade à travers les saisons avec des fleurs, des fruits, des légumes et des animaux qui sont aisément reconnaissables par les enfants.

Le seul reproche que je fais à cet imagier, c’est qu’il est « tout carton ». Dommage…

Je vous laisse juger par vous-même !

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« Sanditon » de Jane Austen, achevé par Marie Dobbs

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En ce début du XIXe siècle où la bonne société anglaise découvre les bienfaits des bains de mer, les Parker se sont mis en tête de faire de la paisible bourgade de Sanditon une station balnéaire à la mode. Invitée dans leur magnifique villa, la jeune Charlotte Heywood va découvrir un monde où, en dépit des apparences « très comme il faut », se déchaînent les intrigues et les passions. Autour de la tyrannique lady Denham et de sa pupille Clara gravitent les demoiselles Beaufort, le ténébreux Henry Brudenall et l’étincelant Sidney Parker, peut-être le véritable meneur de jeu d’une folle ronde des sentiments. Observatrice avisée, Charlotte saura-t-elle demeurer spectatrice ? Le cœur ne va-t-il pas bouleverser les plans de la raison ? À sa mort en 1817, Jane Austen laissait cette œuvre inachevée. Une romancière d’aujourd’hui a relevé le défi de lui donner un prolongement. Un exercice mené à bien dans la plus remarquable fidélité, avec autant de tact que de brio.

Editions : Lgf  ♦ Date de parution : 7 novembre 2012 ♦ Nombre de page : 402 p. ♦ Prix : 7,10€

Je ne vais pas me lancer dans un débat sur le droit d’achever l’oeuvre d’une autre ou non. Le sujet est assez délicat et chacun a son opinion sur le sujet. Néanmoins, lorsque nous savons que l’œuvre n’a pas été achevée par l’auteure, il est légitime d’avoir quelques a priori, ce qui a été mon cas. De plus, même si Orgueil et Préjugés fut pour moi un coup de cœur, c’est loin d’être le cas de Raison et Sentiments que j’ai aimé mais sans plus. J’avais trouvé que le roman comportait quelques longueurs et au final il m’avait déçu. De ce fait, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec ce livre mais… je n’ai clairement pas été déçue par ce récit !

Jane Austen a débuté l’écriture de Sanditon en 1817, alors qu’elle était très malade et n’a malheureusement pas pu achever son œuvre. Ce n’est que récemment qu’une dénommée Marie Dobbs, (« l’autre Dame » ayant achevée cette œuvre) a fait montre d’un talent hors pour pair écrire cette suite en se basant sur une recherche poussée et un sens du détail vraiment surprenant. Pour preuve, si ma curiosité presque maladive ne m’avait pas fait lire les « quelques mots de justification à propos de l’achèvement du livre » (ce que je vous déconseille de faire), je ne pense pas que j’aurai remarqué la différence entre la plume de Jane Austen et celle de Marie Dobbs. Il y a bien quelques termes ou tournures de phrases qui m’ont interpellés de par leur modernité mais de là à dire que c’est à telle page que Marie Dobbs a pris le relais… non, vraiment, je n’aurais pas su dire où s’achevait exactement le texte de Jane Austen.

L’histoire débute avec la famille Heywood qui habite à Willingden. Suite à un accident de voiture, elle fait connaissance avec la famille Parker, puisque blessé à la cheville, Mr Parker a besoin de soins et de repos. Lui est sa femme sont alors accueillis chez les Heywood et, au moment de partir, Mr Parker propose un séjour à Sanditon, station balnéaire (fictive) où viennent se soigner les gens malades, en échange de leur hospitalité. Une de leur fille, Charlotte,  accepte et y séjourne quelques-temps. C’est là-bas qu’elle va faire des rencontres surprenantes…

Charlotte, personnage principal et héroïne, m’a vraiment plu. Elle observe et se fait des idées préconçues sur les gens qui l’entourent qui se révèlent parfois exactes et parfois bien loin de la réalité. Cependant, elle est intelligente, simple, et pleine de bon sens, quant la plupart des personnages sont bourrés de défauts. Ils sont alors peints d’une manière assez exagérée, ce qui rend certains personnages insupportables mais qui apporte un côté drôle à la lecture. Jane Austen dépeint cette société avec beaucoup d’ironie. C’est une société qui est finalement très artificielle, comme le montre Mr Parker qui souhaite moderniser et développer Sanditon en y construisant des hôtels et des villas. Jane Austen avait de l’humour, c’est certain, et Marie Dobbs a su continuer dans ce sens !

J’ai également grandement apprécié Sidney, un des frères de Mr Parker. Il est intelligent bien qu’il semble très manipulateur. A partir du moment où il se fait présent dans le roman, il manipule tout le monde afin d’arranger les choses comme elles lui plaisent. Avec lui, je ne savais pas sur quel pied danser, mais, vers la fin, on découvre son but réel. D’ailleurs, je ne m’attendais pas à cela…

Il y a bien d’autres personnages, dont Sir Edward qui n’est pas sans rappeler Mr Darcy dans Orgueil et Préjugés. Néanmoins, au fil des pages sont comportement hautain, orgueilleux et prétentieux a surpassé, et de loin, celui de Mr. Darcy. Il devient insupportable, exécrable même !

En ce qui me concerne, je suis véritablement bluffée et charmée par la suite du roman. Il y a le ton, l’esprit, l’humour… Bref, Marie Dobbs a su réunir les ingrédients qui font le style de Jane Austen bien qu’il manque un petit quelque chose. Nous avons envie d’être à Sanditon, d’être amie avec tous ces personnages, d’être Charlotte et d’avoir un Sidney. Sidney est d’ailleurs devenu l’un des mes héros austeniens préférés, avec Mr Darcy.

En tant que lecteur de Jane Austen, on sent à quel point le travail de Marie Dobbs a été difficile. Et pourtant, elle est parvenue à terminer ce roman avec finesse. Le style de Jane Austen et de Marie Dobbs est très homogène, ce qui fait de ce roman une très belle réussite ! La lecture est plaisante, le style léger et en prime on a droit à une belle histoire d’amour ; histoire d’amour à laquelle on s’attend mais qui ne gâche rien au plaisir. La suite de l’intrigue n’est peut-être pas ce qu’avait prévu Jane Austen, mais cela correspond bien au reste de son œuvre, bien qu’elle soit quelque peu tiré par les cheveux pour l’époque. Évidemment, il y a des petits éléments par-ci, par-là, des termes ou des phrases qui nous font lever les sourcils de temps et temps.

Je conclurais simplement en disant que pour moi ce livre est un véritable coup de cœur malgré les quelques éléments qui m’ont fais froncer les sourcils. J’aimerai encore être plongée de ce récit, suivre les personnages. J’ai même failli recommencer le livre à peine terminé !