La femme tombée du ciel, Thomas King

Suite à une erreur de dosage lors de l’utilisation d’un défoliant, la multinationale Domidion provoque un déversement mortel sur la côte de la Colombie-Britannique. Les conséquences sont lourdes : des victimes sont à déplorer parmi les habitants de la réserve voisine et toute forme de vie animale disparaît de l’océan. Quelques années plus tard, Dorian Asher, le PDG de Domidion, tente d’oublier ses problèmes et son mal-être par le biais de dépenses excessives. Gabriel Quinn, scientifique compétent, est rongé par la culpabilité et par son passé. Son but ultime est de rejoindre la réserve pour s’y donner la mort. Pourtant, ce dernier va peu à peu retrouver le goût de la vie en rencontrant Mara Reid, une peintre ayant grandi sur la réserve et Nicholas Crisp, un homme qui en sait plus qu’il en dit et qui n’hésite pas à partager sa sagesse. Lire la suite de « La femme tombée du ciel, Thomas King »

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Dis-moi si tu souris, Eric Lindstrom

Parker est aveugle et a inventé quelques règles : ne la touchez pas sans la prévenir, ne touchez pas à sa canne ni à aucune de ses affaires, ne la traitez pas comme une gamine ou une demeurée, etc. et surtout, ne la trahissez pas, car il n’y aura pas de seconde chance. Scott Kilpatrick en sait quelque chose ! Le problème, c’est qu’après le décès de son père, l’espace de Parker est mis à mal par sa tante et sa famille. Pire que ses habitudes qui changent : quelques mois plus tard, le lycée fréquenté par l’adolescente est envahi par d’autres lycéens qui ne connaissent pas encore les règles de Parker, et, permis eux, il y a Scott. Lire la suite de « Dis-moi si tu souris, Eric Lindstrom »

Nord et Sud, Elizabeth Gaskell

Margaret Hale, fille d’un pasteur du Sud de l’Angleterre, abandonne le presbytère familial lorsque son père décide de quitter l’Eglise d’Angleterre pour des raisons de conscience. Ce dernier emmène sa femme et sa fille dans la ville industrielle de Milton, ville industrielle du Nord, où il exercera en tant que professeur privé. Margaret est belle, intelligente et cultivée, mais aussi très fière. Elle doit s’adapter à sa nouvelle vie et découvre, avec horreur, le monde industriel dans toute sa brutalité et sa cruauté. Patrons et ouvriers s’affrontent, les grèves s’organisent, et la jeune femme prend le parti des ouvriers, parmi lesquels elle se fait des amis. Au contraire, Margaret méprise les patrons, la classe des nouveaux riches et leur manque de compassion et de générosité. Sa conscience sociale l’amène à s’opposer farouchement à John Thornton, patron des filatures locales. Pourtant, à travers les épreuves, la jeune femme va commencer à comprendre ce qui se joue et découvrir la grandeur d’âme de John Thornton. Lire la suite de « Nord et Sud, Elizabeth Gaskell »

Le même ciel, Ludivine Ribeiro


C’
est l’été. Un moment léger, avec ses fêtes, ses retrouvailles. Pourtant, un poids pèse sur chacun. Une blonde, une inconnue, du nom de Vanina Silver, disparaît lors d’une fête. Lupo aime les jeunes femmes, peint des nénuphars et s’occupe de son chien, Avocado Shrimp, témoin muet de ce qui se joue. Tessa se perd dans les bras et les caresses d’autres hommes, alors que son mari, Nils, tente d’écrire un roman et s’interroge. Tom, leur jeune fils, est souvent livré à lui-même, plein de questions, et voit des choses qu’il ne comprend pas encore. Line a dix-sept ans et aime passer du temps avec sa petite soeur, Joy. Lire la suite de « Le même ciel, Ludivine Ribeiro »

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker

couv37269661Marcus Goldman est un jeune écrivain dont le premier livre a remporté un vif succès. Cependant, alors que son éditeur attend son second livre, l’auteur ne parvient pas à écrire. Plus la date butoir approche, plus la pression monte, car s’il n’envoie pas son livre dans quelques mois, son éditeur compte bien mener une action en justice qu’il est certain de gagner. Mais soudain, tout bascule : Harry Quebert, ancien professeur d’université, ami et maître, est accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Marcus va alors essayer de mener son enquête et se résigne à tout perdre. A moins qu’il se résolve à écrire sur cette affaire… Lire la suite de « La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker »

« Les infâmes » de Jax Miller

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Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.

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« Je m’appelle Freedom Oliver. J’ai tué ma fille ». Voilà comment s’ouvre Les infâmes, comment Jax Miller parvient à nous intriguer dès ses premiers mots.

Freedom Oliver vit dans une petite ville de l’Oregon et travaille dans le bar de motards local. Ceux qui la fréquentent savent que chaque nuit (ou presque) elle rentre chez elle complètement ivre. Rien ne semble effrayé Freedom. Pourtant, elle est hantée par son passé, un passé que personne ne connaît. Personne ne sait que Freedom Oliver n’est pas son vrai nom, ni qu’elle a été arrêtée pour le meurtre de son mari, un flic, ou encore que ses enfants ont été adoptés.

Cependant, la disparition de sa fille, Rebekah, va réveiller l’instinct maternelle qu’elle tente de brider depuis trop longtemps. Freedom quitte alors sa petite ville pour la retrouver, bien déterminée à savoir ce qui est arrivé. Mais c’est sans compter sur les croyances de la famille adoptive de ses enfants ou le désir de vengeance de sa belle-famille…  C’est ainsi que nous découvrons le passé de Freedom…

Si au début nous sommes un peu perdu entre passé et présent et entre les différents personnages, nous comprenons rapidement la logique du roman. Et quel roman ! Les infâmes est plus qu’un simple thriller : c’est le portrait d’une femme au comportement autodestructeur qui pourtant risque tout pour retrouver sa fille. Lire la suite de « « Les infâmes » de Jax Miller »

« Miniaturiste » de Jessie Burton

product_9782070144228_195x320Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.
S’inspirant d’une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’ambiance de la ville à la fin du XVIIesiècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l’intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

Editions : Gallimard  ♦ Collection : Du monde entier ♦ Traduit par : Dominique Letellier  Date de parution : 26 mars 2015 ♦ Nombre de pages : 512 pages ♦ Prix : 22,90€

Petronella Oortman (dite Nella)  quitte Assendelft, sa ville natale, pour emménager chez son mari, un certain Johannes Brandt, qui ne prend même pas la peine de l’accueillir. Elle découvre alors une riche famille hollandaise, habitant le beau quartier du Herengracht d’Amsterdam, au temps du « siècle d’Or ».

Dans cette maisonnée, elle va devoir faire face à l’hostilité de ses habitants et aux absences répétitives de son mari. Alors qu’elle s’ennuie dans sa nouvelle demeure et que son mariage est une amère déception, Johannes lui offre un curieux cadeau de mariage : une maison de poupées qui reproduit à l’identique leur propre intérieur. La jeune femme décide alors de meubler cette maison en contactant un miniaturiste qui, très rapidement, ne se contente plus de lui faire livrer les objets demandés. Qui est cette personne ? Pourquoi semble-t-il connaître les moindres secrets de la famille Brandt ?

Peu à peu, Nella va alors découvrir les mystères qui entourent sa nouvelle famille, l’hypocrisie masquée sous la rigueur religieuse et morale, pour finalement parvenir à se découvrir et à s’affirmer.

Il aura fallu quatre ans de travail à Jessie Burton pour parvenir à ce résultat, quatre ans de documentation sur l’époque. Son livre s’en ressent : c’est un premier roman tout à fait remarquable grâce à la plume de l’auteur, à la complexité des sentiments et de l’histoire, mais aussi grâce à la restitution minutieuse d’Amsterdam et de ses moeurs. Un roman à lire absolument !

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Maison miniature de Petronella Oortman au Rijksmuseum (Amsterdam)

« Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers » de Benjamin Alire Saenz

captureEtats-Unis. Aristote, 15 ans, mène une existence difficile entre un frère en prison et un père hanté par ses souvenirs de guerre. Il rencontre Dante, un garçon du même âge, qui est très expansif et a une vision du monde bien à lui. Une profonde amitié naît entre eux, puis une véritable histoire d’amour.

Editions : Pocket Jeunesse ♦ Date de parution : 18 juin 2015 ♦ Nombre de pages : 368 pages ♦ Prix : 17,90€

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, voilà un titre qui intrigue ! Et puis, avec des noms pareils, les personnages ne peuvent que nous marquer !

Aristote est un adolescent solitaire, qui éprouve des difficultés à se faire des amis. Il ne sait pas qui il est, il se cherche, il change, il grandit et essaie de trouver sa place. Et puis, son frère est en prison et ses parents font comme s’il n’existait pas : on ne parle jamais de lui, il n’y a aucune photo, etc. Son grand frère est un sujet tabou dans la famille. En parallèle, il y a Dante. Dante est un peu le contraire d’Aristote : il sait qui il est, il est joyeux et assume ce qu’il est. Très vite, ces deux personnages ne se quittent plus, ou très peu, malgré les hauts et les bas, malgré l’homosexualité assumée de Dante.

Lire ce roman fut un réel plaisir car il est différent des romans de littérature jeunesse à succès de ces derniers mois. C’est un livre qui nous fait vivre  une véritable expérience grâce aux deux personnages  principaux. Il n’y a pas vraiment d’action, nous suivons seulement Aristote et Dante qui grandissent, qui vivent au rythme de l’amitié, des désillusions, des secrets, des difficultés et questionnements de l’adolescence, … Des adolescents normaux mais pourtant tellement singuliers. Finalement, nous réalisons qu’Aristote et Dante découvrent, non pas « les secrets de l’univers », mais qui ils sont puisque c’est un roman initiatique que nous offre Benjamin Alire Saenz. Et puis, l’auteur traite un sujet peu abordé, surtout en littérature jeunesse : l’homosexualité.

Je ne peux que vous conseiller de découvrir ce roman, d’autant plus que la plume de l’auteur est agréable, délicate et chargée d’émotions. C’est le roman jeunesse le plus plaisant et le plus bouleversant que j’ai pu lire…

« A la vie, à la mort » de Colette McBeth

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Meilleures amies depuis l’adolescence, Rachel et Clara se sont promis qu’elles le resteraient à vie. Une dizaine d’années plus tard, elles sont toujours proches mais les liens qui les unissaient se sont distendus.

Rachel poursuit une brillante carrière à la télévision et mène une vie stable avec son compagnon ; Clara, elle, peine à trouver son équilibre et se fait plus distante.Quand Rachel doit couvrir la disparition d’une jeune femme, elle découvre avec stupeur qu’il s’agit de Clara. La journaliste se lance à sa recherche, au risque d’exhumer les secrets du passé.

Un thriller psychologique glaçant qui explore les relations brûlantes de fascination et de haine entre amies.

Editions : Les Escales ♦ Collection : Noires ♦ Traducteur : Anath Riveline ♦ Date de parution : 22 janvier 2015 ♦ Pages : 336 pages ♦ Prix : 20,90€

Alors que Rachel mène une vie stable et poursuit une brillante carrière à la télévision, elle apprend qu’elle doit enquêter sur une disparition. Cependant, elle est loin de se douter qu’il est question de Clara, la meilleure amie de Rachel. Ce jour-là, tout son monde s’écroule…

Avant toute chose, il faut parler de la forme du roman, car ce n’est pas un simple thriller écrit à la première personne. Il s’agit en fait d’une longue lettre écrite par Rachel pour Clara dans laquelle elle lui relate les événements, depuis son arrivée à la conférence de presse annonçant sa disparition, jusqu’au dénouement. Comme Rachel, nous ne savons pas où est la jeune femme : a-t-elle été enlevée ? Est-elle vivante ? Nous nous posons de nombreuses questions quant à cette soudaine disparition, mais peu à peu, tout s’éclaire pour notre narratrice qui raconte comment elle vit cette situation et quelles sont les avancées de l’enquête. En même temps, elle ponctue son récit de souvenirs qui nous font découvrir qui est Clara mais aussi l’étroite relation qui relie les deux jeunes femmes…

Même si on rentre tout de suite dans le vif du sujet, le début peut paraître un peu lent : on tourne en rond, on ne comprend pas, Rachel ne comprend pas, il n’y a pas vraiment d’indice, pas de témoin, etc. Et on ne sait pas grand-chose de la relation entre les deux jeunes femmes si ce n’est que Rachel semble se reposer pleinement sur Clara. Cependant, au fil des pages, les indices tombent et tout s’accélère jusqu’à l’issue finale, assez surprenante.

Au final, A la vie, à la mort est un solide thriller psychologique, comme je les aime. Il parvient à nous happer, à nous tenir en haleine, à nous questionner, jusqu’au bout, et cela grâce à la plume, agréable et captivante, de Colette BcBeth. Les personnages sont travaillés, la relation entre Rachel et Clara est complexe, les apparences sont parfois trompeuses, etc. Nous cherchons à savoir qui est qui car l’auteure parvient à nous égarer, à remettre en question nos certitudes sur le rôle de chacun. Ce livre n’est pas un coup de cœur, mais presque. Je l’ai terminé hier soir et pourtant son atmosphère, glaçante, me suit encore.

Il est difficile de parler de ce roman sans prendre le risque d’en dévoiler trop, de révéler des éléments essentiels… J’aimerais vous en dire plus, vous développer l’intrigue mais cela gâcherait le plaisir de découvrir ce livre. A défaut de cela, je ne peux que conseiller de le lire.

« Marquise au portrait » de Barbara Lecompte

Barbara Lecompte

Artiste fier et tourmenté, le pastelliste Maurice Quentin de La Tour, alors au faîte de sa carrière, reàoit une commande d’importance : un portrait de la marquise de Pompadour. La favorite devra patienter cinq ans. Mais qui mieux que ce fou de La Tour pour saisir l’âme de ses modèles ? En témoigne sa galerie de portraits prestigieux, ceux du roi, de la reine, de la dauphine, du maréchal de Saxe mais aussi de ses amis philosophes, Voltaire, Rousseau et d’Alembert.

Caracolant de la cour de Versailles à Paris, Maurice Quentin de La Tour nous emporte dans son sillage, tout en se livrant à une saisissante introspection.

Editions : Arléa  ♦ Date de parution : 4 septembre 2014 ♦ Nombre de page : 131 p. ♦ Prix : 16,00€

C’est en flânant, ou plutôt en rangeant les rayons de la librairie devrais-je dire, que je suis tombée sur ce livre. D’abord, la couverture m’a interpellé puisqu’elle met en avant une partie d’un tableau de Maurice Quentin de La Tour. Et pas n’importe lequel : celui qui représente la Marquise de Pompadour, un portrait dit « à taille réelle ». Je retourne alors le livre, afin de découvrir le résumé et j’apprends que dans ce roman il justement question du pastelliste. Parfait : un roman historique/artistique, un roman pour moi puisque j’adore l’histoire et aussi l’histoire de l’art. De plus, le pastel est une technique que j’affectionne particulièrement et que j’ai moi-même pratiquée.

J’ai donc acheté ce livre qui, en même temps, m’a permit de découvrir une auteure que je ne connaissais absolument pas : Barbara Lecompte…

Ce roman donne voix à Quentin de La Tour qui a peint les grands hommes comme les femmes de son temps. Rois, Reines, Philosophes, princesses, dauphins, et bien d’autres encore ont laissé ce grand maître du pastel faire leur portrait. Louis XV a même fait de Quentin de La Tour son portraitiste officiel, et ce malgré les maladresses et la franchise de l’artiste.

En 1749, la marquise de Pompadour, favorite du Roi, lui commande un portrait « à taille réelle ». De La Tour est déjà au sommet de son art. Reçu à l’Académie Royale de peinture en 1737, il a déjà réalisé de nombreux portraits de bourgeois parisiens et membres de la noblesse dans les années 1740. Et pourtant, en 1749, le portrait de la Marquise de Pompadour est un défi… L’artiste est déstabilisé et fait traîner les choses. Sans cesse insatisfait de son travail, mais aussi inquiet du résultat final, il prend son temps, honore d’autres commandes et met plus de cinq ans pour livrer son œuvre…

Barbara Lecompte utilise les portraits fais de la main de Quentin de La Tour pour nous parler de la Marquise de Pompadour, du Roi et de la Reine mais aussi de Diderot, Rousseau et Voltaire. Ainsi elle nous fait découvrir le pastelliste mais aussi les personnalités dont il a pu faire le portrait. Au fil des pages, elle virevolte de personnage en personnage, tout en donnant voix à l’artiste. C’est donc de La Tour lui-même qui se raconte et raconte ses modèles. Ces derniers prennent vie sous l’oeil de l’artiste qui cherche, au-delà des apparences, une lueur dans les yeux, un sourire caché par bienséance, une ride au coin de la bouche qui saura, plus que la simple ressemblance, montrer la vérité de son modèle.

Barbara Lecompte nous montre les failles, les doutes, les crises de folie, les passions, le désir de s’instruise et bien d’autres choses de Quentin de La Tour. Elle nous dévoile la sensibilité de l’artiste, au-delà de son orgueil et de ses maladresses. Elle nous présente la technique du pastel qu’il emploie ainsi que le grand talent de l’artiste qui fait ressortir la personnalité de ses modèles dans leur portrait.

Ce livre, qui peut sembler érudit, fait néanmoins passer des informations sur le ton de la conversation voire de la confession. Il nous donne l’impression de partager un moment d’intimité avec Quentin de La Tour qui devient presque un ami. De plus, Barbara Lecompte parle tellement bien des portraits que, durant la lecture, on ressent le besoin d’aller les (re)voir, comme si nous faisions une visite guidée.

Pour moi, ce livre est une belle réussite.