Les Révolutions de Bella Casey, Mary Morrissy

C’est à partir d’un piano abandonné dans les rues de Dublin, alors déchirées par des conflits, que Mary Morrissy réinterprète la vie de Bella Casey, sœur du célèbre dramaturge Sean O’Casey. Aînée d’une fratrie, Bella a rapidement compris que l’étude est le meilleur moyen de s’extraire de sa situation. La littérature et la musique intéressent particulièrement cette jeune fille intelligente. Son père est d’un soutien sans faille, mais Bella doit essuyer les brimades de sa mère. Peu importe, elle ira l’école normale et deviendra institutrice. Néanmoins, Bella devient rapidement la proie du révérend Leeper, directeur de l’école dans laquelle elle exerce avec passion. Ce dernier va mettre la réputation de la jeune femme en danger. Sa seule issue ? Trouver un mari au plus vite. Elle jette alors son dévolue sur le clairon Nicholas Beaver, ami de beuverie de ses frères, et pense ainsi préserver sa réputation. Pourtant, cette décision signera sa chute car il n’est pas facile d’être femme de soldat dans une situation politique et sociale tendue.

En Irlande, à la fin du XIXème siècle, Bella Casey souhaite s’élever et devenir institutrice. Ses projets sont humbles, bien que sa mère les voie d’un mauvais oeil : épouser un instituteur ou un révérend, avoir des enfants et continuer à s’occuper de son petit frère Jack. Si au début elle parvient à s’élever, à s’arracher à son sort, ce n’est que pour mieux chuter par la suite. Bella, femme intelligente mais néanmoins soumise à l’autorité masculine (son père, le révérend Leeper, puis son mari Nicholas Beaver), signe le début de sa déchéance et de son combat intérieure en refusant d’affronter un révérend qui se prend de passion pour elle. Sa chute la mènera plus bas qu’elle n’a jamais été, et lorsque son mari meurt de la syphilis, elle prend conscience qu’elle n’est pas la seule à cacher des secrets.

A travers ce roman, Mary Morrisy réinterprète la vie de Bella Casey. Cette fiction invente certaines circonstances comme celles qui ont poussé la jeune femme à épouser, avec une hâte indécente, un soldat si peu éduqué et porté sur la boisson. Les secrets de Bella, ses mensonges et ses choix la mèneront inévitablement à changer, à évoluer, tout au long du récit, à tel point qu’elle finira par accuser son frère et son fils de trop s’intéresser à la littérature. En même temps, ce roman, beau et captivant, nous dépeint l’Irlande à un moment décisif de son histoire. Ce portrait de femme est aussi celui d’une ville, Dublin, voire d’un pays. Le tout est porté par une très belle plume, élégante et douce, même lorsqu’elle décrit des moments de violence.

Ornements

product_9782710372516_195x320Bella Casey, aînée d’une fratrie protestante irlandaise, a tôt fait de comprendre que l’étude est le meilleur moyen de s’arracher à son sort en cette fin de dix-neuvième siècle. La musique, la littérature, l’école normale – autant d’échappatoires pour cette jeune fille intelligente et ambitieuse qui doit faire fi des brimades de sa mère. La future institutrice a d’humbles projets : épouser un homme attentionné, avoir des enfants, préserver le lien avec son petit frère Jack, le miraculé. Mais la vie n’est pas toujours comme on l’espère. Devenue la proie du révérend Leeper, directeur de l’école dans laquelle elle exerce, Bella doit trouver un mari au plus vite. Le clairon Mick Beaver semble correspondre aux critères, et elle croit avoir échappé à l’infamie. C’est méconnaître la dure condition de femme de soldat, dans une situation politique et sociale tendue à la veille de la révolution irlandaise. Lorsque, en pleine Insurrection de Pâques 1916, elle tombe sur un piano abandonné dans une rue de Dublin, elle n’a qu’une idée : l’emporter chez elle.

C’est le point de départ que choisit Mary Morrissy pour raconter la vie romancée de l’énigmatique sœur de l’écrivain et dramaturge Seán O’Casey, fervent défenseur de la culture gaélique.

Editions : De la Table Ronde ♦ Collection : Quai Voltaire ♦ Traduit de l’anglais (Irlande) par : Aline Azoulay-Pacvon ♦ Date de parution : 17 mars 2016 ♦ Nombre de pages : 306 p. ♦ Prix : 22,00€

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Mary Morrissy est une écrivaine irlandaise. Née à Dublin en 1957, elle est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles mais aussi de romans. Seuls La Côte d’Ève(Autrement, 1997) et Les Révolutions de Bella Casey sont traduits en français. Finement ciselée, profonde, émouvante, sans jamais verser dans le sentimentalisme, son œuvre s’intéresse à la vie intérieure des femmes. (Source)

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6 commentaires sur « Les Révolutions de Bella Casey, Mary Morrissy »

    1. En effet, le personnage de Bella est peu sympathique. Pourtant, on arrive à la prendre en pitié, parfois. En fait, au début je l’appréciais même ! Une jeune femme qui souhaite s’extraire de sa condition, malgré les remarques d’une mère qui ne comprend pas, c’est assez admirable. Pourtant… Bella fait des erreurs qui vont lui coûter cher et, au fil des pages, elle devient franchement agaçante. Quant à son mari… n’en parlons même pas : il est simplement exécrable et minable.

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