Images fantômes, Elizabeth Hand

Cass Neary est une photographe punk expérimentale qui a connu son heure de gloire – ou plutôt « son quart d’heure de gloire », comme le dit l’éditeur – dans les années 70. Vingt ans après, c’est une quadragénaire nostalgique de ses jeunes années et une adepte des paradis artificiels. Elle travaille alors dans une librairie et vit de manière assez marginale. Lorsque son ami Phil lui propose de rencontrer et d’interviewer Aphrodite Kasmetos, photographe culte qui l’a inspiré, Cass n’hésite pas longtemps. Cependant, Aphrodite s’est retirée sur île du Maine ; une île grise, glacée et hostile aux étrangers. De plus, des adolescents disparaissent régulièrement et Cass arrive le soir de la disparition d’une adolescente…

Images fantômes nous plonge dans une atmosphère glauque, parfois malsaine. Cass nous est présentée dans sa jeunesse, à l’aube de son heure de gloire, alors qu’elle immortalise des cadavres ou des gens en train de mourir. Peu après, sa courte carrière prend déjà fin, mais elle continue sa vie d’adepte aux paradis artificiels. Nous la retrouvons une vingtaine d’années plus tard, presque inchangée : Cass semble n’avoir jamais grandi. Elle se comporte encore comme si elle avait vingt ans et carbure toujours principalement au Jack Daniel’s et aux médocs. Elle est antipathique, cleptomane et n’hésite pas à fouiller dans les affaires des autres. Néanmoins, elle n’est pas insupportable puisque l’on parvient même à s’attacher à elle !

L’atmosphère de ce roman est à l’image de son personnage principal : glauque, morbide, lugubre, un peu malsain. Le paysage est magnifique, bien que glacé, inquiétant et hostile. Les personnages sont tantôt inamicales, tantôt bienveillants. Aphrodite est glaciale, paranoïaque et alcoolique. Son fils a un comportement étrange. Pourtant, on se laisse aisément embarquer par cette ambiance, d’autant que le roman est bourré (sans mauvais jeu de mot) de références photographiques et musicales. On en connaît certains, mais on en découvre beaucoup. En outre, nous sommes constamment dans la tête de Cass qui nous parle de techniques photos, d’angle de vue, de lumière, de support, etc.

Un roman à l’atmosphère étrange, mystérieuse, voire dérangeante. Le rythme est lent, et, bien que la disparition des adolescents soit le fil conducteur de l’intrigue, l’enquête n’occupe finalement pas une grande place, car Cass et ses démons sont au centre du récit. Pourtant, Images fantômes est addictif. La plume d’Elizabeth Hand nous envoûte alors qu’elle parvient à faire « ressortir la beauté de toutes ces choses lugubres ».

Un roman sombre et malsain, mais un roman à découvrir !

Merci aux Editions Super 8 qui m’ont permis de découvrir ce roman !

Ornements

images fantomes« Je voyais des choses que les autres ne voyaient pas. »

Photographe punk expérimentale, adepte made in NYC des ambiances morbides et de la déglingue radicale, Cass Neary a connu son quart d’heure de gloire warholien. Ce qui n’était pas prévu, c’est qu’elle y survive. Vingt ans plus tard, c’est une quadragénaire has been ayant gardé de sa folle jeunesse, outre un penchant prononcé pour les paradis artificiels, une profonde et incurable nostalgie.

Aussi, quand son vieil ami Phil lui propose d’aller interviewer Aphrodite Kamestos, artiste culte des années 1960 vivant désormais recluse sur une petite île perdue au large du Maine, Cass n’hésite pas très longtemps ; d’autant que Kamestos, dont l’œuvre a inspiré son propre travail, a apparemment demandé à la voir personnellement. Mais le Maine en novembre est un monde en soi : grise, glacée, peuplée de figures inquiétantes, la région baigne dans une atmosphère quasi onirique, et l’esprit embrumé de la visiteuse n’arrange rien à l’affaire.

Avant de s’embarquer pour Paswegas Island, Cass apprend que des disparitions ont été signalées dans le secteur. L’accueil glacial que lui réserve Aphrodite, et l’étrange comportement du fils de cette dernière, ne font rien pour dissiper ses angoisses. Et si l’expression « artiste maudite » était à prendre au sens littéral ? Cass est-elle prête à affronter ses propres démons ?

Editions : Super 8 Traduit de l’anglais (États-Unis) par : Brigitte Mariot ♦ Date de parution : 25 août 2016 ♦ Nombre de pages : 408 p. ♦ Prix : 19,00€

Ornement 1

Elizabeth HandNée en 1957 dans l’État de New York, dument tatouée, Elizabeth Hand est l’auteur culte d’une quinzaine de romans inclassables, d’un imaginaire férocement débridé. Elle écrit aussi pour le Washington Post, le Los Angeles Times, la Boston Review et partage son temps entre Londres et le Maine. (Source)

 

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