« La dernière fugitive » de Tracy Chevalier

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Quand Honor Bright se décide à franchir l’Atlantique pour accompagner, au coeur de l’Ohio, sa soeur promise à un Anglais récemment émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d’une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l’Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu’enchanteresse ; soumise pour quinze ans encore à l’effroyable régime de l’esclavage, traversée de toutes sortes d’épidémies, torturée par une nature capricieuse, rien dans cette terre ne résonne pour elle d’un écho familier. Sa soeur emportée par la fièvre jaune à peine le pied posé sur le sol américain, Honor se retrouve seule sur les routes accidentées du Nouveau-Monde. Seule, aussi, pour se frayer une nouvelle vie. Très vite, elle fait la connaissance de personnages hauts en couleur, dont son expérience de jeune fille pieuse ne lui aurait jamais laissé soupçonner l’existence.

Parmi eux, Donovan, le «chasseur d’esclaves», cet homme brutal et sans scrupules qui, pourtant, ébranle les plus profonds de ses sentiments. Mais Honor préfère se méfier des voies divergentes. En épousant un jeune fermier quaker, elle croit avoir fait un choix raisonnable. Jusqu’au jour où elle découvre que l’Ohio est traversé d’un «chemin de fer clandestin», réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada. Honor embrasse alors la cause des Noirs américains, et se jette dans une lutte subversive pour l’émancipation – la sienne, par-dessus tout – à l’issue de laquelle elle a autant à perdre qu’à gagner.

Editions : Table ronde ♦ Collection : Quai Voltaire ♦ Date de parution : 17 octobre 2013 ♦ Nombres de pages : 384 p. ♦ Prix : 22 €

Depuis La Jeune Fille à la perle – paru en France en 2000 -, on connaît le talent de Tracy Chevalier à brosser de singuliers portraits de femmes. Ici, il s’agit d’une jeune quaker, Honor Bright, fraîchement débarquée en Amérique de son Angleterre natale.

Abandonnée par son fiancé Honor Bright est bien décidé à suivre sa sœur, promise à un Ami, dans sa traverser de l’Atlantique. Malheureusement tout ne se passe pas comme prévu : la sœur meurt de la fièvre jaune sitôt arrivée, et Honor devra affronter seule la brutalité d’un pays qui n’est pas le sien et qui n’a pas aboli l’esclavage…

En débarquant dans l’Ohio, Honor Bright va découvrir le quotidien presque paisible d’une communauté Quaker. Habituée à cette existence des plus modestes et quelque peu austère, la jeune femme va pourtant découvrir un pays et des mœurs bien différents des siens… Et, ce qui lui sera le plus douloureux, outre le fait d’arriver dans une famille qui s’attendait à accueillir sa soeur, c’est sa prise de conscience de la douloureuse question de l’esclavage américain. C’est d’ailleurs cela qui va bouleverser son destin… car il est bien question de l’historique du fameux « Underground Railroad » (Chemin de fer clandestin), qui permit aux abolitionnistes américains d’aider les esclaves noirs en fuite à se réfugier au Canada.

Dans ce roman, Tracy Chevalier nous fait découvrir l’univers de la communauté quaker (ou Société religieuse des Amis) qui est un mouvement né dans le sillage de la Réforme en 1652. Elle nous parle de l’intransigeance des protestants quakers, du silence qui fonde ce culte mais aussi de la confection des quilts, ces formidables patchworks où excellent de génération en génération les Anglo-Saxonnes.

Mêlant correspondance et tranches de vies, la psychologie de ce roman ouvre à la réflexion, en nous replaçant dans un contexte social passé mais aussi dans une communauté, celle des Quakers, que nous connaissons peu voire pas du tout. Des travaux de la ferme en passant la confection des chapeaux et des quilts, nous suivons Honor Bright, jeune femme timide qui se révèle intrépide lorsqu’elle se met à défier les interdits que lui impose ses valeurs morales et sa foi. Son mystérieux cheminement intérieur nous fascine et nous entraine jusqu’à ce que cette héroïne ne redoute plus rien, même l’exclusion de sa communauté.

C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu ce roman dans lequel Tracy Chevalier mêle Histoire et destins individuels. Entre réalité historique, personnages attachants et souci du détail vrai, Tracy Chevalier excelle dans ses romans où elle met en scène des femmes fortes, courageuses et déterminées.

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8 commentaires sur « « La dernière fugitive » de Tracy Chevalier »

    1. J’espère que tu apprécieras lors de ton prochain essai 🙂 Ce n’est pas le meilleur roman de Tracy Chevalier mais il est vraiment agréable à lire et comme toujours son héroïne est forte et attachante.

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