« Confession d’un masque » de Yukio Mishima

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Yukio Mishima est un auteur japonais qui s’est suicidé en janvier 1970, par seppuku. En 1949, il publie Confession d’un masque, œuvre autobiographique sur un jeune garçon devant cacher ses désirs homosexuels. Cette dernière le rend célèbre alors qu’il n’a que 24 ans.

 Editions : Gallimard  Collection : Folio ♦ Date de parution : 1 avril 1983 ♦ Nombres de pages : 256 p.  Prix : 7,90 €

Confession d’un masque nous plonge dans le Japon des années 30. Le héros, Kochan, est un garçon chétif, souvent malade et doté d’une grande sensibilité.  À l’école, il admire un camarade et n’ignore pas que cette admiration est fondée sur un désir sexuel. Cependant, il ne nommera jamais ce désir homosexuel et va essayer de le cacher car dans la société japonaise de l’époque, le garçon refuse ce désir. Il décide de se battre contre ses penchants homosexuels en cherchant à les dissimuler aux autres et à lui-même. Il se lie alors avec la sœur d’un de ses camarades. Tous deux se rapprochent durant la guerre car Kochan, du fait de son état de santé, ne peut participer au combat…

Confession d’un masque est un récit autobiographique d’un homme qui a essayé d’aimer les femmes, mais qui n’ait jamais parvenu à éprouver du désir pour elle. L’auteur sait de quoi il parle car il est lui-même attiré par les hommes bien qu’il se soit marié et qu’il ait eu deux enfants. Ce livre est bien une confession puisque Mishima/Kochan confesse ses difficultés à être un homme, dans ses relations sociales et surtout dans ses rapports à la sexualité. Au Japon, ce thème est très difficile à aborder : comment être homosexuel dans une société conformiste ?

Bien que Yukio Mishima soit japonais, on trouve des références occidentales comme Le martyr de Saint-Sébastien de Guido Reni. D’ailleurs, il s’agit du premier émoi de l’auteur, enfant maladif, ce qui semble assez pervers. Une véritable fascination pour le martyr de Saint Sébastien est développée dans le livre. Ce lien érotique entre l’amour et la mort se fera sentir jusqu’à la fin du roman…

Dans son roman, Mishima fait une description incroyablement fine de l’homosexualité, sans jamais la nommer. Il ne sait clairement pas quoi faire de son homosexualité et se construit un masque afin  d’avoir une identité sociale, à savoir l’image qu’on attend de lui. Il y a vraiment l’idée d’une confession car l’auteur vit son orientation sexuelle comme un mal. Il dit même qu’il « avais décidé (qu’il) pouvai(t) aimer une jeune fille sans éprouver le moindre désir.»

Avec la Confession d’un masque, Yukio Mishima nous livre un roman vraiment puissant, constitué d’une introspection douloureuse mais néanmoins brillante.

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4 commentaires sur « « Confession d’un masque » de Yukio Mishima »

      1. Je n’ai lu aucun des deux. J’ai néanmoins entendu parlé de Je suis un chat qui apparemment est bien, voire très bien 🙂 C’est déjà pas mal 🙂 Je n’ai que lu Confession d’un masque (bien que je possède un livre de Murakami)…

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