« L’Exception » d’Audur Ava Olafsdottir

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Editions : Zulma  Collection : Littérature générale   Date de parution : 3 avril 2014  Nombres de pages : 362 p.  Prix : 20 €

 

« Tu seras toujours la femme de ma vie. »

Dans le vacarme d’un réveillon de nouvel an, María n’entend pas ce que Floki, son mari, lui annonce : il la quitte pour son collègue, spécialiste comme lui de la théorie du chaos.

Heureusement, dans la nuit de l’hiver polaire, Perla est là, charitable voisine d’à peine un mètre vingt, co-auteur de romans policiers et conseillère conjugale, qui surgit à tout moment de son appartement de l’entresol pour secourir fort à propos la belle délaissée…

Ni Perla la naine surdouée, ni María l’épouse idéale démunie devant une orientation sexuelle désormais incompatible, ni les autres acteurs de cette comédie dramatique à l’islandaise – adorables bambins, belles-familles consternées ou complices, père génétique inattendu – ne détournent le lecteur d’une alerte cocasserie de ton, d’une sorte d’enjouement tendre, de brio ininterrompu qui font de l’Exception un grand roman de la déconstruction et de la reconstruction narcissique à la portée du commun des mortels.

 

Mon avis :

Maria est mariée et mère de deux enfants. Lors du réveillon de nouvel an, son mari, Floki, la quitte. Cependant, Floki ne la quitte pas pour une autre femme, mais pour un homme… laissant la jeune femme dévastée par ce coming out inattendu : elle n’a rien vu venir, elle ne s’est jamais douté de rien. Ce n’est qu’après coup, en y repensant, qu’elle découvre, en même temps que le lecteur, des indices de l’homosexualité de son mari…

Le lendemain, la vie de famille se poursuit, sans Floki mais avec des jumeaux (une fille et un garçon) de deux ans et demi dont il faut s’occuper, avec  un escalier à déneiger et une chatte à retrouver. A cela s’ajoute d’autres événements : un père biologique souhaitant rencontrer sa fille, une adoption enfin acceptée, … Maria vit dans un cocon de désespoir et d’incompréhension, tout en restant forte pour ses enfants. Elle prend sur elle, ne montre rien, et avance comme elle peut. Malgré son masque, elle n’est pas insensible et, parfois, elle s’effondre un peu.

Le choc émotionnel se ressent et pourtant la jeune femme ne cède pas à sa douleur, où très rarement. Il n’y pas d’éclat, mais beaucoup de pudeur et de délicatesse. Maria continue sa vie, sans son mari, et fait les petites choses quotidiennes tel un robot, en mode automatique. Pourtant, les pensées morbides ne sont jamais loin et pointent le bout de leur nez à plusieurs reprises. Heureusement, Perla, voisine de Maria, et conseillère conjugale (entre autres) est là pour lui apporter du réconfort.

J’ai apprécié Rosa Candida, mais j’ai préféré L’Exception, à la fois dur et plein de sensibilité. Audur Ava Olafsdottir nous emmène dans l’hiver islandais, glaçant mais magnifique, et, une fois de plus, son roman est à la frontière de l’onirisme. Je me suis laissée emporter par ce petit bijou délicat et surprenant. Maria gère la situation avec clame, sans cris et sans drames apparents. Elle fait preuve d’intelligence et de retenu, malgré la douleur et la colère.

Entre pudeur et sensibilité, le ton n’est jamais complètement désespéré. Un roman agréable, bien qu’emprunt de tristesse, qui se lit très vite et qui nous emporte.

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3 commentaires sur « « L’Exception » d’Audur Ava Olafsdottir »

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