« La décision » de Britta Böhler

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Editions : Stock  Collection : La Cosmopolite  Date de parution : 20 Août 2014  Nombres de pages : 198 p.  Prix : 18,50€

 

 

Résumé :

En 1933, Thomas Mann quitte Munich pour un voyage d’agrément en Suisse, avec sa femme Katia et les petits. Pendant ce temps, dans la patrie, le monde s’écroule. C’est le début de l’exil… Un exil d’abord résigné, jusqu’à ce jour de février 1936 où Thomas Mann se résout à condamner publiquement le régime nazi dans une lettre qu’il destine au Neue Zürcher Zeitung.

Lorsque le roman s’ouvre, Thomas Mann pénètre dans l’enceinte du journal pour remettre la lettre à son ami Korrodi, mais ce dernier est souffrant et la publication retardée de trois jours. Trois longs jours durant lesquels le doute va s’emparer de lui. Peut-on continuer à être un écrivain lorsqu’on a perdu la reconnaissance de sa patrie, de ses lecteurs ? En tant que père a-t-on le droit de mettre en péril la vie des siens ? Mais en tant qu’homme et citoyen, « lorsqu’on hait le mal de toute son âme, on devra dire adieu au pays natal »…

 

Mon avis :

La décision, premier roman de Britta Böhler, femme au CV aussi intéressant qu’intimidant, est une plongée dans la peau et surtout dans la tête de Tomas Mann, écrivain allemand et prix Nobel de Littérature de 1929.  Si cela peut paraître osé de sa part, il faut avouer qu’elle relève le défi avec réussite, bien que son écrit soit parfois répétitif.

 

Britta Böhler nous fait donc découvrir un fragment de la vie de Thomas Mann. Ce dernier vit dans le demi-siècle marqué par les deux guerres mondiales et par la dictature en Allemagne. Cependant, l’auteur se trouve en exil en Suisse et il est amené à prendre publiquement position dans les affaires de son pays alors que pour lui l’écrivain est un homme « étranger à la politique ».

 

Au début du roman, la décision de publier la lettre au journal le Neue Zürcher Zeitung a été déjà prise. Seulement son ami, l’éditeur Korodi, est malade durant trois jours. S’ensuivent alors 72 heures de réflexion, d’indécision, de doutes sur le bien-fondé de cet acte qui va porter un coup certain à la carrière de l’écrivain allemand. Entre impression de lâcher son pays (d’ailleurs, est-ce encore le sien ?) et légitime envie de dénoncer la montée du nazisme, Thomas Mann ne sait que faire. De plus, peut-il mettre en péril le confort de sa famille, notamment de ses enfants, au nom de ses idées ?

 

Roman biographique et parfaite illustration d’une époque, on découvre un Thomas Mann plein de doutes. Le questionnement sur une patrie qui n’est plus ce qu’elle était et qui horrifie est récurent, ce qui amène une réflexion sur le rôle que doit jouer ou non la littérature dans la politique. Un auteur doit-il dénoncer un régime qu’il n’accepte pas ou ne pas intervenir et attendre ? D’autant plus que Britta Böhler cite la phrase d’Heinrich Hein, un des plus grands auteurs allemands du XIXème siècle, en justification de la décision : « Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler des hommes ».

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2 commentaires sur « « La décision » de Britta Böhler »

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